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5 minutes pour tout savoir sur le business plan

Le 18 avril 2019 par Gabrielle de Perthuis
Livli guest post

Cet article a été initialement publié sur Medium le 19 mars 2019

Vous avez un projet en tête et vous souhaitez trouver des fonds pour pouvoir vous lancer dans cette nouvelle aventure ? Pour cela, vous avez besoin d’être persuasif auprès de vos partenaires (investisseurs, banquier et associés). Et quoi de mieux que de s’appuyer sur un business plan en béton ? Comment rédiger un business plan de qualité prêt à toute épreuve ? Nous avons invitéLivli, expert-comptable en ligne, pour vous éclairer le sujet !

Qu’est-ce que le business plan ?

Le business plan est “un document écrit permettant de formaliser un projet d'entreprise”. En effet, ce document de 30 pages maximum arrive en deuxième étape de la création de votre entreprise, après (bien sûr) l’évaluation du projet. Il intervient également lorsque vous souhaitez développer une nouvelle activité pour votre société déjà existante, mais il reste avant tout un document de persuasion auprès des potentiels investisseurs.

Alors dans quel but rédiger un business plan ? Tout simplement pour démontrer la viabilité de votre projet dans le temps, et ainsi prouver que les investissements réalisés seront propices à la réussite de ce dernier.

Vous me direz, c’est bien beau d’en connaître la définition mais quand est-ce que nous rentrerons dans le vif du sujet ? Découvrons la construction du business plan et les différents documents à produire.

Bien préparer son business plan

Tout d’abord, il est important d’avoir toutes les clés en mains pour rédiger votre business plan. Afin d’éviter le stress de la page blanche, n’hésitez pas à parler de votre projet autour de vous, rencontrer de potentiels clients et/ou des concurrents. L’occasion de vous renseigner sur le marché et de pouvoir travailler davantage sur votre offre.

Durant la rédaction de votre business plan, vous aurez besoin de vous appuyer sur divers documents. Que ce soit des documents marketing ou bien financiers, ils seront indispensables.

Avant de commencer toutes festivités, il est essentiel de vous poser plusieurs questions. Elles vous permettront d’avoir une vue d’ensemble de votre projet et de clarifier certaines données. L’enjeu étant de maîtriser votre sujet et d’en avoir une vision à 360°. Pour ce faire, voici une liste non-exhaustive de questions à vous poser :

  • Quel est mon projet ? Vous devez être capable de décrire ce dernier en réalisant un focus sur “comment se démarque-t-il des offres semblables sur le marché ?”. L’important est d’en identifier son avantage concurrentiel et sa valeur ajoutée ;
  • Quel est mon business model ? Autrement appelé plan d’affaires en français, ce ne sont ni plus ni moins les chiffres découlant de l’étude de marché (tendances, concurrents, profil et comportements des consommateurs, prescripteurs…) ;
  • Ai-je pensé à la propriété intellectuelle ? Assurez-vous que vous avez protégé votre nom commercial, votre logo et votre domaine de site internet. Sans cela, votre potentiel investisseur pourra faire des recherches et vous perdrez en crédibilité s’il se rend compte que votre nom est déjà utilisé. Ou plus grave, vous pourrez être accusé de plagiat ;
  • Quelle est ma stratégie marketing ? Suite au choix de votre identité visuelle, il est important de réfléchir à “comment communiquer sur votre projet ?”. Heureusement que vous avez réalisé votre étude de marché en amont, car elle sera d’une aide précieuse lors de cette étape. Alors quelles sont les actions de communication à mettre en place pour vous faire connaître et gagner en notoriété ? ;
  • Quels sont les moyens dont j’ai besoin ? Que ce soit humains, techniques, financiers ou bien matériels, vous devez identifier ces derniers dans un tableau de synthèse ;
  • Quel est mon statut juridique ? Plutôt partant pour une entreprise individuelle ou une société ? Autant de choix que de possibilités, mais il faut tout de même prendre une décision et se lancer. Pour ce faire, faites appel au référent pôle création chez Livli. Bien plus qu’une aide dans votre choix de statut, il vous accompagnera dans vos étapes de création et vous donnera des conseils pertinents selon votre projet ;
  • Quel est l’avenir de mon projet ? À travers la réalisation d’un plan de financement complet, vous posséderez l’ensemble des chiffres clés pour justifier de la durabilité de votre projet.

Le contenu d’un business plan

Le business plan commence avec l’executive summary. Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un résumé de 2 à 3 pages de votre business plan. Il est l’élément déclencheur pour les investisseurs, car il doit inciter ces derniers à continuer la lecture. Flippant ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le ou la seul(e) à rédiger ce document. Ce sont plus de 1 350 000 entreprises qui ont vu le jour en 2018, donc vous pouvez y arriver.

Étonnamment l’executive summary se rédige à la fin, mais se positionne au tout début du business plan. L’occasion d’avoir en tête l’ensemble du contenu alors rédigé et d’en faire ressortir les éléments clés. Comme pour un commercial, les 5 premières minutes sont cruciales. Le lecteur va prendre sa décision durant les 5 premières minutes de lecture, les 5 premières lignes… À vous de trouver la formule la plus accrocheuse possible.

Suite à l’executive summary, le business plan se construit en 2 partie : la description de votre projet et la finance.

La description du projet

La description du projet n’est pas aussi simple que l’on peut l’imaginer. En effet, il s’agit de connaître ses différentes facettes et surtout d’en analyser les risques. La première étape concerne la présentation de l’offre de produits et/ou des services. L’objectif premier de la description est de convaincre l’investisseur de la valeur ajoutée de votre produit ou service en détaillant : le besoin auquel il répond, son esprit novateur, ses avantages et ses inconvénients par rapport aux offres déjà présentes sur le marché. L’occasion de montrer que vous maîtrisez votre sujet à la perfection.

Par la suite, vous présentez le marché et son environnement concurrentiel. Bien plus qu’une simple analyse du marché (taille, réglementation, segmentation, degré de maturité, facteurs clés de succès…), il est impératif d’aller plus loin en étudiant les concurrents et plus précisément leurs forces et faiblesses. Grâce à ses données, vous pourrez réaliser une analyse poussée de la concurrence et matérialiser ces résultats à travers la matrice des “5 forces de Porter” (intensité de la concurrence, pouvoirs des clients, pouvoirs des fournisseurs, produits de substitution et menace de nouveaux entrants). Suite à la réalisation de cette dernière, vous allez pouvoir identifier vos concurrents directs et indirects. C’est également dans cette partie que nous retrouverons l’observation du comportement des clients et leurs attentes concernant le produit et/ou service. L’enjeu étant de répondre aux questions suivantes : “qui sont les clients cibles ? Qu’attendent-ils de mon produit et/ou service ?”.

Il s’ensuit la description de votre stratégie. Dans cette partie, le terme stratégie reste vague et différents thèmes sont à aborder. Il faut alors détailler votre stratégie de vente, de communication, de production et de distribution pour vos produits et/ou services. Au-delà de la stratégie, il est essentiel de consacrer plusieurs lignes aux objectifs visés en terme d’indicateurs financiers (parts de marché visées, chiffres d’affaires prévisionnels, point mort et rentabilité du projet).

Sans humains, il n’y a pas de projet. Comme vous l’aurez compris, votre équipe est le point central. Il est donc essentiel de décrire les personnes accompagnant ce projet et de mettre en avant la complémentarité de leur expertise. Il s’agit plus ou moins de rédiger un mini CV en s’appuyant sur les compétences de chacun. N’hésitez pas à y insérer un tableau de l’effectif total, mais également de l’effectif visé en N+1, +2 et +3. Cela apportera plus de sérieux et de projection dans le temps à votre dossier.

Comme évoqué lors de la préparation du business plan, vous devez vous interroger sur le choix de la forme juridique que vous souhaitez sélectionner pour votre projet. Ce dernier devra être justifié, car chaque statut juridique présente ses propres spécificités. Nous vous conseillons également d’y inclure l’ensemble des aspects juridiques, tels que le dépôt de marque ou noms de domaine, ainsi que la répartition du capital avec la présentation des actionnaires et du représentant de la société.

Autre indicateur à faire apparaître dans votre business plan, il s’agit du business model. Le business model est un document permettant de répondre à la question suivante “comment gagner de l’argent et créer de la valeur ?”. Et oui, il s’agit de présenter de manière brève et efficace votre projet et sa stratégie.

La partie financière

La deuxième partie du business plan consiste à détailler les principaux indicateurs financiers du projet en réalisant un focus sur les besoins financiers. Tout cela, à travers une analyse textuelle afin d’y apporter votre vision stratégique. Vous devez être en capacité de démontrer la rentabilité financière de votre société sur 3 ans minimum. Alors, de quoi est composé le plan de financement prévisionnel ? :

  • Le bilan prévisionnel est la photographie à un instant T de ce qu’une entreprise possède et doit. Pour ce faire, 2 colonnes suffisent : les actifs (ce qu’elle possède) et les passifs (ce qu’elle doit). Dans l’actif, on retrouve les immobilisations, les stocks, les créances et les disponibilités. De l’autre côté, dans le passif, on regroupe le capital social, les réserves, les provisions et les dettes ;
business plan
  • Le compte de résultat prévisionnel autrement appelé état de synthèse, permet à l’entreprise d’étudier les affaires réalisées sur un exercice comptable. Comme pour le bilan, on y retrouve 2 colonnes : les produits (les recettes) et les charges (les biens et services consommés ou utilisés). Par la suite, vous pourrez en déduire s’il s’agit d’un bénéfice ou d’une perte ;
produits et charges
  • Le plan de financement regroupe l’ensemble des ressources nécessaires pour les achats indispensables au lancement du projet. Le plan de financement se matérialise sous forme d’un tableau avec 2 colonnes : la première pour les investissements et l’autre pour les ressources. On doit donc y retrouver plusieurs indicateurs financiers, tels que : l’achat d’immobilisations, la variation du besoin en BFR, les remboursements d’emprunt et des comptes courants d’associés, distribution de dividendes pour les besoins de financement, et les apports des associés, la capacité d’autofinancement et les prêts obtenus pour les ressources. Tout cela dans le but de prouver l’équilibre financier de votre projet ;
gestion capital
  • Le budget de trésorerie permet l’analyse de l’activité de l’entreprise mois par mois à travers ses encaissements et décaissements. Tout cela pour en déduire la trésorerie nette possédée par l’entreprise. Petit conseil pour la rédaction de cette partie des plus pertinente pour les partenaires (investisseurs, banquier et associés) : gardez en tête que les besoins de financement ne seront pas demandés une seconde fois. Il est donc essentiel d’en évaluer l’importance et de ne pas en sous-estimer le montant.
plan de financement

Les bonnes pratiques

Un business plan de qualité doit être clair et précis. Néanmoins, il n’est pas question de faire l’impasse sur n’importe quelle partie de ce document, et surtout pas sur la partie financière. Prenez le temps de décortiquer les chiffres et d’en faire ressortir le positif, mais également le négatif. Lors de sa lecture, le partenaire cherchera à comprendre votre projet, mais également à évaluer les risques encourus. Il n’est donc pas question de parler uniquement des éléments positifs. C’est pour cela, que vous devez prouver qu’en cas de crise vous serez à la hauteur et avez les épaules solides pour porter le projet dans toutes situations. Le partenaire appréciera de lire un dossier dont les informations sont détaillées et transparentes.

Nul besoin de rédiger des centaines de pages, mais concentrez-vous sur la qualité des informations communiquées. À chaque étape de rédaction, vous devrez vous poser la question suivante “est-ce une information essentielle dans la prise de décision de l’investisseur ?”. Si la réponse est “non”, il n’est pas la peine de continuer de développer votre argument, mais de vous concentrer sur l’essentiel : votre valeur ajoutée !

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