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“Collaborer fait partie de l’ADN des Fintech.”

Le 17 avril 2019, par Anaëlle Gautier

Cet article a été initialement publié sur Medium le 30 janvier 2018.

Alors que le monde de la Fintech se réunit aujourd’hui et demain au Paris Fintech Forum, nous sommes ravis d’annoncer notre collaboration avec une autre Fintech : Kantox, spécialiste des solutions de gestion de change. Ce partenariat s’inscrit dans notre volonté de construire un véritable “Finance hub” autour de Qonto, en intégrant les meilleurs services financiers déjà existants.

Grâce à une intégration native par API, les utilisateurs de Qonto peuvent désormais procéder, directement dans leur espace client, à des virements dans 15 devises (dont le USD, la GBP, le CNY) et vers 34 pays.

Rencontre avec Philippe Gelis, CEO de Kantox, pour échanger sur son parcours, notre partenariat et la scène fintech mondiale.

Philippe, peux-tu te présenter s’il te plaît ?

Je m’appelle Philippe, j’ai 38 ans, je suis le CEO et co-fondateur de Kantox. Je viens du Sud de la France, des Corbières plus précisément, et je vis aujourd’hui entre Londres, siège de Kantox, et Barcelone, où nous avons le gros de nos équipes.

Je suis un grand fan de gastronomie, je suis d’ailleurs récemment rentré d’un trip culinaire au Pérou, le pays du ceviche, et le spot du moment en termes de créativité.

Comment es-tu devenu entrepreneur ?

En fait, j’ai toujours voulu être entrepreneur. J’ai passé 7 ans à faire du conseil en stratégie avant de trouver la bonne idée, la bonne équipe et le bon moment pour me lancer. Ça a donc pris du temps mais lancer une entreprise n’a rien de simple !

L’équipe s’est formée lors d’un Start-up Week-end à Barcelone en octobre 2010, on a ensuite démissionné de chez Deloitte avec un de mes associés et on est rentrés dans un incubateur local.

Peux-tu nous en dire plus sur Kantox ?

Kantox conçoit des solutions logicielles qui permettent aux entreprises d’automatiser complètement les opérations de change : collecte des données (encaissements et décaissements en devises), monitoring du risque de change, exécution des transactions et des paiements internationaux et reporting.

Avec les solutions de Kantox, nos clients gagnent en efficacité dans leurs opérations de change tout en maîtrisant totalement l’exposition aux devises.

Aujourd’hui, Kantox, c’est 5 milliards d’euros en volume de transactions, 2000 clients dans 20 pays et 80 collaborateurs à Londres et Barcelone.

En tant qu’entrepreneur, qu’est-ce qui te fait sortir du lit tous les matins ?

Je dirais que l’idée de “foutre le bordel” dans le secteur bancaire est assez appétissante. 😉 On parle d’un secteur qui, dans la plupart des pays, est basé sur une dynamique oligopolistique, avec des produits et des services construits par des banquiers pour des banquiers … pas pour des clients.

L’expérience digitale est généralement déficiente, le support client peu performant, les tarifs élevés et opaques, etc. Chambouler tout ça est extrêmement excitant mais c’est également très compliqué du fait de la régulation, du fait que les banques sont des “one-stop-shops” et du fait de la “stickiness” que les crédits bancaires génèrent.

Ton conseil phare aux entrepreneurs ?

L’atout clé, c’est la persévérance. Il y a toujours des moments difficiles dans le développement d’une boîte: la croissance qui ralentit, une levée de fonds qui est plus difficile que prévu, l’absence de processus robustes qui crée une forme de chaos en interne et donc de la tension entre les équipes, etc. C’est dans ces moments là qu’il faut savoir faire le dos rond et se focaliser sur la vision de long terme.

Il faut aussi savoir parfois sacrifier le court terme au profit du long terme. C’est à dire sacrifier un peu de croissance à court terme pour bâtir une organisation qui sera capable de scaler par exemple. On a souvent la tête dans le guidon et on est donc trop focalisé sur les chiffres du mois.

Que penses-tu du marché actuel des Fintech en Europe ?

Lors de la première vague Fintech, disons 2010–2016, de nombreuses startups ont vu le jour et ont commencé à défier les banques traditionnelles et leurs offres de produits obsolètes. L’offre des Fintech présentait un double avantage : des tarifs plus bas et transparents, avec une bien meilleure expérience utilisateur.

Cependant, les banques ont les moyens de réagir. En réduisant leurs tarifs ou en allouant des sommes astronomiques à la UX, elles peuvent concurrencer les Fintech. On le voit par exemple avec ING Direct qui a une interface utilisateur plutôt sympa. Actuellement, en Grande-Bretagne, il y a 2 banques parmi le Top 5 qui sont en train de créer de nouvelles plateformes bancaires de zéro, complètement séparées du legacy de la banque.

Le futur de la Fintech repose à mon sens sur la création de solutions technologiques plus sophistiquées, c’est-à-dire difficilement reproductibles par les banques qui n’ont pas la culture software et qui n’ont pas la flexibilité pour faire évoluer leur produits en permanence.

Quelles grandes tendances t’intéressent le plus aujourd’hui et pourquoi ?

Outre l’impact du développement de certaines technologies (intelligence artificielle ou machine learning) sur les produits financiers, l’évolution de la Fintech en Chine est assez fascinant.

Jusqu’à récemment, le consommateur occidental moyen associait souvent les entreprises chinoises à d’énormes sociétés appartenant à l’État, une concurrence étrangère restrictive et des produits d’un mauvais rapport qualité-prix et peu innovants.

Cependant, ceux qui suivent de près les évolutions en Chine savent que les Fintech locales ont atteint une taille absolument monstrueuse, très loin devant les Fintech européennes ou américaines. Elles sont maintenant en train de regarder comment s’étendre hors de leur frontière.

L’une des questions les plus pertinentes est de savoir si la taille de ces acteurs sera un avantage déterminant pour permettre une domination financière mondiale.

Pour finir, un petit mot sur Qonto : pourquoi ce partenariat Kantox x Qonto ?

Nous adhérons à la philosophie de Qonto qui est d’apporter la meilleure expérience possible aux entreprises dans la gestion de leurs problématiques financières et nous partageons la même clientèle cible. Nous partons également du principe que collaborer fait partie de l’ADN des Fintechs.

Une néobanque ne peut de toutes façons pas créer tous les services bancaires en interne, elle doit se concentrer sur le core-business (UI, comptes, cartes de crédit…) et trouver les meilleurs partenaires pour les services connexes comme le change et les paiements internationaux.

Quand on te dit Qonto, à quoi penses-tu ?

Un pas de géant en termes d’expérience utilisateur, un support client qui se soucie réellement de trouver des solutions, une démonstration que la banque c’est avant tout une capacité à gérer et processer des données à grande échelle.

Merci Philippe d’avoir répondu à nos questions ! 😃

A bientôt pour un nouveau portrait ! D’ici là, vous pouvez retrouver Qonto sur nos réseaux : FacebookTwitterLinkedin et Instagram.

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