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 Interview de Laura Ciriani, consultante en communication digitale

Le 17 avril 2019, par Anaëlle Gautier

Cet article a été initialement publié sur Medium le 17 janvier 2018.

Etre freelance, ce n’est pas réservé au livreur Deliveroo ou au chauffeur Uber comme le disaient si bien nos amis de LiveMentor dans cet article. Contrairement à l’image que nous renvoie trop souvent la société, la majorité des freelances le sont par choix, et non pas par contrainte.

Dans le cadre de Révolution Freelance, nous avons décidé de vous faire découvrir des portraits de travailleurs indépendants pour montrer la diversité qui se cache derrière ce terme générique. Pas de “truc” universel, mais autant de parcours uniques que d’individus !

Pour ce premier portrait, je vous propose de rencontrer Laura, consultante en communication digitale pour professions libérales (avocat, expert-comptable, architecte …).

Du droit à la communication

Rien ne prédestinait Laura à devenir freelance en communication, loin s’en faut ! Sa formation initiale, ce sont des études de droit, avec pour ambition de devenir avocate. Les circonstances en décident autrement, elle doit se mettre à travailler rapidement et bifurque donc pour devenir juriste.

A 22 ans, elle entame sa carrière professionnelle en tant que juriste polyvalente dans une holding avec plusieurs activités (enseignement, informatique industrielle, …), ce qui lui permet d’avoir des missions très variées.

Au rachat de l’entreprise, Laura connaît une courte période de chômage, avant d’être embauchée comme attachée de direction à la Chambre syndicale du déménagement, un syndicat professionnel.

Encore une fois, ce qui plaît à Laura dans son poste, c’est son côté polyvalent. Intégrée dans une petite équipe, elle bénéficie de responsabilités élargies. Par goût personnel, elle développe énormément la communication du syndicat, faisant évoluer son poste vers celui de Responsable communication, avec notamment la création du magazine professionnel mettant en valeur les 700 adhérents.

Cette aventure professionnelle, Laura la vit pendant 10 ans mais elle finit par en avoir fait le tour. Elle souhaite se lancer dans un nouveau challenge, et c’est le virus internet, qu’elle attrape en 1998, qui va décider de sa prochaine escale professionnelle : des amis journalistes la contactent pour lui proposer de participer au développement d’un magazine en ligne, Newsfam, concurrent d’Aufeminin, qui débutait à la même période.

Elle rejoint donc l’équipe en mode startup pour être responsable de la rubrique Vie pratique (droit / conso). Pour cela, elle prend le risque de quitter l’entreprise dans laquelle elle est depuis 10 ans et son confort, pour un salaire moindre et sans garantie de succès de l’entreprise. Mais pour Laura, c’était une évidence, trop excitante pour passer à côté !

“C’était très différent de ce que j’avais connu jusqu’alors. Quand on travaille 10 ans dans la même entreprise, on côtoie les mêmes personnes en permanence. J’ai été surprise du changement d’ambiance à mon arrivée chez Newsfam, plus “Far West”, avec les arrivées et les départs de collaborateurs, la pression des investisseurs, etc.”

Nous n’avons finalement pas fait le poids face à Aufeminin, mais ce fut une expérience très formatrice, avec des challenges permanents.”

Après 2 mois de battement, Laura retourne à ses premières amours en intégrant la Fédération du prêt-à-porter féminin en tant que chef de projet web. Elle y reste 2 ans, avant d’être rappelée par la Chambre syndicale du déménagement pour en devenir la secrétaire générale adjointe et lancer une campagne de communication-recrutement d’envergure.

Cette fois, cela va durer 5 ans. Laura gère de multiples projets, très différents les uns des autres : de la mise en place des prélèvements automatiques des cotisations à la fameuse campagne de recrutement, en coordination avec une agence de communication RH.

Son évolution interne étant limitée, elle s’intéresse à d’autres pistes et devient secrétaire générale au Centre de recherches interdisciplinaires. Elle découvre un nouveau domaine, celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il y a tout à construire, elle est la première embauchée. En 7 ans, l’équipe passe à une cinquantaine de salariés et une centaine d’intervenants intermittents, et de 200K€ de budget à 3M€.

L’opportunité fait le freelance

Avec ce fort développement, le travail de Laura n’est plus du tout le même. Un peu de lassitude arrive, mais au même moment une opportunité surgit : un client lui demande des conseils en stratégie éditoriale web … et est surtout prêt à la payer pour cela ! 😉

Elle lance donc son activité freelance en parallèle de son travail salarié grâce à ce premier client. Elle trouve ensuite facilement ses deux clients suivants, des contacts issus de son réseau professionnel qu’elle cultive depuis des années.

Simple “passe-temps” au départ, cette activité prend de plus en plus d’importance dans sa tête :

“Je me suis lancée au départ parce que j’ai saisi une opportunité qu’on m’a présentée. C’était ma danseuse, ce n’était pas destiné à devenir mon activité principale. Mais j’ai trouvé cela tellement plus exaltant que ce que je vivais dans le salariat !”

Laura quitte donc définitivement son poste en juillet 2016 pour se lancer à son compte à 100%. Sous statut micro-entrepreneur depuis janvier 2015, elle passe en SASU courant 2017 grâce au bon développement de son activité.

Ce qu’elle apprécie particulièrement, c’est de pouvoir accompagner ses clients dans la durée. Elle a de nombreuses missions, de temps et de budget variables, qui permettent d’équilibrer son activité. Fin 2017, Laura comptait une vingtaine de clients différents. Son parti pris : ne surtout pas trop miser sur un seul client, pour ne pas entrer dans une relation de dépendance.

Freelances, networkez pour mieux prospecter !

De son propre aveu, Laura est la reine du networking ! Elle participe à 8 événements par mois en moyenne, qu’ils soient pour s’informer et construire son réseau entre pairs, que plus généralistes, tournés sur l’entrepreneuriat multi-secteurs, où elle rencontre des clients potentiels.

“Le networking est le meilleur mode de prospection pour moi. Je travaille essentiellement de chez moi, donc je suis toujours ravie de rencontrer de nouvelles personnes et d’entretenir ensuite ces relations en ligne via les réseaux sociaux.”

Cela lui permet également de lutter contre la partie qu’elle aime le moins dans son activité d’indépendante : la solitude du freelance. C’est pour cela qu’elle s’investit dans de nombreux réseaux : un groupement d’entrepreneurs, une association de professionnels de la communication, ou encore les réseaux féminins comme Girlz in Web ou RéZoé. Cela lui permet d’élargir son réseau, de trouver de nouvelles sources d’inspiration, et surtout de ne pas tourner en rond avec elle-même ! 😉

Elle a aussi découvert LiveMentor en suivant des cours sur la plateforme. Fidèle à elle-même, elle a voulu s’investir davantage et a découvert une communauté de freelances très sympathique, dans laquelle sa posture évolue tour à tour : à la fois élève et dans la transmission de ses savoirs.

Choisir ses clients, le luxe du freelance

Pour finir, j’ai demandé à Laura ce qui lui plaisait le plus dans son activité de freelance. Réponse sans appel : la liberté de s’organiser et de choisir ses missions !

A l’inverse d’un travail salarié classique où dire non est parfois difficile, Laura considère qu’il est important de choisir la source de ses revenus en tant qu’indépendant.

“J’ai déjà refusé des missions parce que je ne sentais pas le client. Par exemple, s’il sait déjà ce qu’il veut faire, que je ne partage pas son point de vue et qu’il n’y a pas de place pour la discussion, je préfère attendre un autre contrat.

C’est une liberté qu’on n’a pas dans le salariat, mais qui est un vrai avantage en tant que freelance. Je compte bien continuer à l’exploiter pour vivre de ma passion en cohérence avec mes choix !”

Vous pourrez retrouver Laura le 17 janvier à notre meetup “Les clés d’une bonne collaboration entre freelances et startups”, chez Malt à partir de 18h45.

Révolution Freelance en quelques mots : Depuis trop longtemps, les travailleurs indépendants sont laissés dans l’ombre et la colère gronde. Qontoa décidé d’insuffler le vent de la révolte et de s’allier aux forces rebelles les plus influentes (ECL DirectLiveMentorMaltMorning Coworking & Wemind). Pendant une semaine, du 15 au 19 janvier, ne manquez aucune bataille sur www.revolutionfreelance.fr !

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